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Le Petit Questionnaire de Proust posé à Serge Blondiau


Mais que peut bien être le questionnaire de Proust, beaucoup d’entre vous le savent, mais il est fort possible que d’autres l’ignorent, pour cette même raison, je me permettrais de faire un petit rappel avant de rentrer dans le vif du sujet.

Proust découvre ce test à la fin du XIXe siècle, alors qu'il est encore adolescent. Ce jeu anglais datant au moins des années 1860 était nommé Confessions. Celui-ci figure dans un album en anglais de sa camarade Antoinette, fille du futur président Félix Faure, dont le titre original est « An Album to Record Thoughts, Feelings, &c » (un album pour garder pensées, sentiments, etc.). À cette époque, ce genre de jeu est en vogue ; la mode en vient d’Angleterre : les questionnés peuvent y dévoiler leurs goûts et leurs aspirations.

Cette semaine à bien voulu répondre pour nous au Petit Questionnaire de Proust Serge Blondiau un écrivain belge francophone, son premier roman, Quand les Gosses Boss est paru aux éditions Persée. A l’heure actuelle l’auteur travail sur l’adaptation cinématographique de son livre avec le réalisateur turc, Tankut Kilinç.





Quel est votre principal trait de caractère ?
L’opiniâtreté
La qualité que vous préférez chez un homme ?
L’humour
La qualité que vous préférez chez un femme ?
L’humour
Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?
Leur amour de la lecture
Quel est votre occupation préférée ?
En dehors d’écrire…cuisiner
Quel est votre rêve de bonheur ?
Quel serait votre plus grand malheur ?
Ne plus pouvoir écrire
Ce que vous voudriez être ?
Drôle….
Le pays où vous désireriez vivre ?
La Belgique pour point de départ,… la Turquie, la Bulgarie, le Rwanda et le Congo sur les rives du lac Kivu (là où je suis né)
Vos auteurs favoris ?
Georges Rodenbach (1855-1898) auteur du roman « Bruges-la-Morte » ;
Camille Lemonnier auteur du roman « Un mâle » (entre autres textes… ;) ;Mark Twain ; Jean de la Fontaine ;Rimbaud ;Damian Damianov ;Voltaire 
Vos héros de romans favoris ?
Le petit Nicolas, Huckleberry Finn
Vos héros dans la vie réelle ?
Vassil Levski
Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
L’ubiquité… c’est naturel, ça ?
Quelles sont les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence
Les fautes d’orthographes
Quelle est votre devise ?
Faut pas poussée…

Pour sortir et conclure de notre petite interview, avez-vous de nouveaux projets? Aurons-nous prochainement le plaisir de vous lire?
Pour l’instant, je travaille sur l’adaptation cinématographique du roman « Quand les Gosses Boss ». Le réalisateur sen sera Tankut Kilinç. Je serai le scénariste et dialoguiste. Cela prend tout mon temps…

Encore une fois merci à Serge Blondiau de s’être prêté au jeu du Petit Questionnaire de Proust.

Interview - Episode 1 : Serge Blondiau



Il y a quelques semaines maintenant Serge Blondiau l’auteur de Quand les Gosses Boss aux éditons Persée avait eu l’amabilité de m’offrir son livre. Cette fois ci, il à accepté de répondre à quelques unes de mes questions. 


Pour commencer, pourriez-vous vous présentez en quelques mots ?
  Je m’appelle Serge Blondiau. Je suis né à Bukavu, en RDC, le 17 février 1966. Je suis écrivain belge francophone.
Depuis juillet 2006, je suis marié avec Yana qui est juriste bulgare. Nous habitons Cuesmes, près de Mons, en Belgique.
 
Comment est née cette histoire ?
  Par une belle nuit de printemps, alors que je m’étais couché avec la ferme intention de dormir, je fus empêché de procéder par les cris stridents de quelques inconvenants…
Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous écrire un mauvais roman sur le sujet…
Il était deux heures du matin et quelques jeunes avaient décidé de tenir conseil, assis sur le banc public situé à quelques mètres en face de chez moi. Je leur criai de bouger de là, mais rien n’y fit : ils riaient de plus belle.
Je décidai de sortir pour expliquer à ces quelques « gugusses » qu’à une heure aussi tardive, …
Quelques instants après ma sortie (pas « quelques », « beaucoup »…), la fenêtre de ma chambre fût à nouveau ouverte. C’était ma mère :
« Serge ! Il est quatre heures du matin et depuis que tu es sorti pour demander du silence, le volume sonore a plus que doublé ! »…

J’ai traîné pendant plus d’un an et demi dans le quartier avec ces jeunes… Puis, j’ai écrit le roman en cinq mois. Je voulais dire et surtout écrire tout l’humour qui a rythmé mes rencontres. Après des films comme « La Haine » ou « Ma 6té va cracker », je voulais donner une image des jeunes de cité qui tiennent compte de l’humour et de la nonchalance que j’avais fréquentés pendant plus d’un an. Pas que des moments de rire. Pas que çà, mais surtout çà.   

 J’ai fini par m’attacher aux personnages du livre, sont-ils inspirés de personnes réelles ?
 Oui. Tellement réel qu’après avoir répondu à vos questions, j’ai rendez-vous chez moi avec l’une de ces « vues de l’esprit » pour boire un soda (j’ai le droit d’écrire  « un coca » ?) , ensemble et parler du film.
Cela écrit, j’ai brouillé les cartes : impossible de reconnaître qui que ce soit en lisant le roman.
 
Après la publication de ce livre qu’elle fut la réaction de la ville de Mons ? Car il faut reconnaître que vous n’y allez pas de main morte.
 Il est des truculences qui mettent du temps à s’imposer. Succès aidant, les réticences sont moins nombreuses…

Pour être honnête, je dois à la vérité de dire que certaines éminences montoises à qui j’avais remis un exemplaire du texte… l’ont lu… et ont beaucoup ri.

Citant l’une de ces personnalités, je dirai : « c’est drôle ! Et puis, c’est un roman ! On ne peut juger un roman sans l’avoir lu de la première à la dernière ligne ! Et lire « Quand les Gosses Boss » sans éclater plusieurs fois de rire… c’est tout simplement impossible ! »

Vive Mons : c’est une bien belle ville ! Et permettez : vive le Borinage, aussi. 
  
En lisant votre livre, par certains détails, on se rend compte qu’il à été écrit il y a quelques années (vous parlez en francs belges). Pourquoi tant de temps avant sa publication ?

Les éditeurs que j’ai sollicités, tant en France qu’en Belgique, ont tous refusé d’éditer ce roman. Les motifs invoqués étaient fort « divers et ensoleillés ».

Certains refusaient par racisme (« Vous excusez ces jeunes en leur donnant de l’humour et une image très humaine »… certes, môssieur, mais tu voulais quoi ? Que je les présente comme autant de ouistitis ? Désolé : pas possible ! La Fontaine a déjà investit le créneau !)

Mais la plupart des éditeurs renâclaient pour cause d’autocensure : la force de certaines truculences laissait craindre quelques procès… Finalement, les éditions Persée ont accepté de prendre le « risque ». Ils sont loin de s’en plaindre, voire de regretter ma liberté d’expression.
Parallèlement, de nombreux artistes se sont saisis du roman et l’ont adapté, qui au théâtre, qui sous forme d’album rap, qui sous forme d’expos d’arts plastiques, … Le roman n’a jamais complètement disparu de l’actualité, dans le Borinage.

Et puis, l’édition, enfin. Edition qui fait suite à la décision du réalisateur de travailler sur le roman au cinéma.
Et, aujourd’hui, parallèlement au projet de film, d’autres projets d’adaptation voient le jour. Trop tôt pour en parler, mais, pour le moment, un metteur en scène lis le roman avec la ferme intention d’en faire un « one-man-show » au théâtre, en Belgique.
Dix ans, c’est long… mais, aujourd’hui, … çà va !  
  
Ce livre est en cours d’adaptation pour le cinéma, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Le réalisateur, Tankut Kilinç a vécu plusieurs années en Belgique. La culture, le surréalisme, le mode de vie et l’humour belge sont, pour lui, de vraies passions.
Quant à moi, je suis un inconditionnel de Turquie.
Nous sommes amis depuis plusieurs années. Travailler ensemble sur l’adaptation au cinéma d’un roman dont l’action se déroule essentiellement en Belgique : que du bonheur ! ;)

 Dans votre livre nous sommes dans un contexte belge. Où va se situer l’histoire du film?
L’adaptation sera-t-elle fidèle au livre ?
 Oui. Et non.
Le réalisateur veut rester très fidèle au roman. Fort bien.
J’ai demandé la permission de sortir un peu du Borinage pour le film sans trahir l’esprit du roman.. Permission accordée.
L’histoire du roman se déroule exclusivement à Cuesmes, à Jemappes et à Mons. En Belgique, donc.
L’histoire du film prendra quelques distances : le tournage aura lieu en Belgique (à Cuesmes, à Jemappes et à Mons) et en Turquie (à Istanbul).
Les nombreuses actions qui rythment l’histoire du roman seront conservées. Les différents commentaires « politiques » ne seront pas repris dans le film.  

 Des dédicaces sont-elles prévues ?
 Plus pour l’instant : je me consacre totalement au travail d’adaptation ciné. Tankut Kilinç, le réalisateur qui mènera l’opération m’a confié l’écriture du scénario et des dialogues, « afin de conserver au film le rythme, la verdeur et l’humour du roman ». Mais, si quelqu’un veut organiser une séance de dédicaces… je fais toujours mon possible pour accepter : rencontrer lectrices et lecteurs est toujours un grand plaisir.
  
Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
 Oui.
Projet de roman, bien sûr.
Mais avant cela, je dois terminer le travail d’adaptation cinématographique du roman «Quand les Gosses Boss ».  

 Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?
 Un buzz ! Puissent les lectrices et lecteurs du roman diffuser l’info et partager leurs impressions de lectures avec le plus grand nombre… Faites passer !

Pour le reste, le roman est déjà traduit en langue turque. J’aimerais beaucoup qu’il soit traduit en bulgare : mon épouse est Bulgare. Ce serait bien que ma belle-famille puisse, enfin, lire ce « pissatel » venu de Belgique.
Souhaitez-moi un buzz et une traduction
 

Quand les Gosses Boss, Serge Blondiau



Titre Original: Quand les Gosses Boss
Date de Parution : 2009
Éditeur : Les Éditions Persée
Nombre de pages : 185
Lu : Avril 2011
Prix : 16€
 
Résumé : Un jeune homme se réveille. Sa nuit a dû être agitée. Il se rendort et parcours en rêve la cité où il vit. Est-ce un rêve ou un cauchemar ? Des souvenirs de sa vie se succèdent. Tantôt drôles, tantôt dramatiques. La vie de jeunes de cité. Une cité sociale du Borinage. Un quotidien où se côtoient la drogue, l’argent, l’amour, la loi, les problèmes d’identité, l’humour, les pleurs, la police, la musique, les politiciens, la famille, les amis, les rires, l’insécurité, la peur de l’autre, l’ambition et la révolte… Le narrateur se réveille à nouveau. Il doit se lever et rejoindre pour de vrai ses camarades de la cité !

Mon avis : J’ai eu l’honneur de recevoir de la part de Serge Blondiau son livre « Quand les Gosses Boss ». Et j’ai réellement passé un super moment de lecture. Avant de commencer à le lire, j’avais deux appréhensions. J’avais tout d’abord un doute sur la manière que pouvait avoir l’auteur de nous parler de la banlieue, peur de lire un livre sur l’insécurité en banlieue, peur d’avoir un remake de l’image que l’on nous donne au journal de 20h. Et ma seconde crainte était le fait que le roman se passe en Belgique, et avec tout le respect que je peux avoir pour les belges, je ne connais absolument rien à la Belgique mise à part peut être Tintin…

A ma grande surprise, j’ai découvert un livre plein d’humours, qui rend hommage aux habitants des quartiers, ces personnages auxquels j’ai fini par m’attacher. L’auteur avec une verve pleine d’humour et d’ironie touche de thèmes importants tels que la peur de l’autre lorsqu’il nous parle des gens du voyage, le chômage, la famille et les amis, la politique locale.

Malgré mon ignorance de la Belgique, il ne m’a pas était compliqué de comprendre le contexte de la ville de Mons et du Borinage, cette problématique semble être la même pour pas mal de banlieues ; une ville centre historique et une banlieue, la plus grand part du budget revient au centre et l’on n’oublie ces cités multiculturelles. J’ai souvent beaucoup ris lisant les critiques acerbes de Serge Blondiau envers la politique locale et ses politiciens.

Je vous invite à découvrir Serge Blondiau et son livre « Quand les Gosses Boss ». Livre qui est en cours d’adaptation pour le cinéma, il sera réalisé par le réalisateur turc Tankut Kilinç où la ville de Mons sera remplacée par Istanbul.

« Mourad est belge. Si, si, il est belge. Il vit ici. On n’est pas libéraux : Mourad est belge. Belge d’origine algérienne. Il serait professeur de Géographie et d’Histoire : Il a fait un régendat. La Géographie : savoir où on est. L’Histoire : savoir d’où on vient. Ici. Ici avec le monde tout autour. Mais à partir d’ici. C’est amusant quand on y pense, parce que Mourad il part pas d’ici, il y arrive. Son Histoire, elle à rien avoir avec les anciens belges ni avec les Gaulois. Quant à sa Géographie, ici, c’est plus un terminus pour lui qu’un nouveau départ. Alors, sachant tout cela, c’est amusant de penser qu’il serait professeur d’Histoire-Géo. Cela-dit, comme la plus part d’entre nous, il serait. Et c’est pas demain la veille qu’il sera. Chez nous le conditionnel, c’est important. Le conditionnel, pas la conditionnelle. La conditionnelle, c’est important pour nos juges. Le conditionnel, c’est important pour nous. »



Merci à Serge Blondiau pour ce roman, et si vous voulez en savoir plus sur l’auteur et son livre, je vous invite à découvrir sa page internet