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Œdipe reine, Marcela Iacub

Auteur: Marcela Iacub
Titre Original: Œdipe reine
Date de Parution : 2 avril 2014
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 144
Prix : 17,00€ 16,15€

Quatrième de couverture : Réussir sa vengeance n’est pas à la portée de tout le monde, pense Juliette. Il faut l’intelligence d’un savant, la précision d’un archer, la patience d’une taupe. Car, pour se venger, il faut que l’offensé mette l’offenseur à sa place. C’est ainsi que Juliette tentera de se venger de Samuel, son ancien amant. Elle se servira de tout son savoir théorique et pratique en matière de sexe pour que Samuel, qui est un abuseur de femmes, soit abusé à son tour de la même manière. Cette volonté froide, cette démarche rationnelle et analytique donnera lieu à l’intrigue la plus horrible, la plus dérangeante, la plus immorale. Et ce non seulement parce que Juliette, pour être fidèle à son plan, va outrager les piliers les plus sûrs de notre culture sexuelle, mais aussi et peut-être surtout parce que ce personnage, loin d’être une folle, une criminelle, une Autre est une femme dont les raisonnements, la sensibilité, les émotions et même les expériences sont étrangement très proches des nôtres.
À la différence d’autres récits sulfureux célèbres comme ceux de Sade, celui-ci va faire peur, va exciter, va ravager parce qu’il raconte une histoire que chacun d’entre nous pourrait désirer vivre aussi bien en prenant la place de Juliette que celle de sa malheureuse victime.

Extrait
La vérité est qu'il était incapable d'envoyer les femmes au ciel avec sa queue. Voilà pourquoi tout a commencé. Ou plutôt parce qu'il refusait de l'admettre. Ce conflit le poussait à faire appel soit à des putes soit à des femmes amoureuses. Mais comme il était pingre il se contentait des amoureuses, sauf pendant les périodes où la gloire lui souriait et les putes lui étaient offertes. Et il en trouvait toujours parce qu'il était parfaitement indifférent à l'âge, à la beauté ou à l'esprit de ses maîtresses. Sans compter qu'il n'avait aucun scrupule à se jouer de leurs sentiments ou de leurs plaisirs en se déclarant amoureux d'elles à son tour. Seul lui importait qu'elles lui disent : «Ta queue est un cadeau somptueux. Elle est majestueuse. Jamais je n'avais été transpercée par un organe aussi accablant, aussi impressionnant.» Alors qu'elles ne se rendaient même pas compte si elle rentrait, sortait ou mourait. Et même quand il enculait, elle était incapable de faire naître la gratitude exquise que produit la douleur.
Cependant, la joie que lui provoquaient ces phrases était trop ténue pour le satisfaire. Samuel était conscient que ces femmes lui mentaient. Ainsi cherchait-il à compenser avec toutes sortes de brutalités les duretés qu'il ne pouvait pas leur infliger. Il les manipulait comme si leur corps était en plastique. Il les tordait dans tous les sens. Il leur provoquait des sciatiques, des lumbagos, des bleus, des paralysies partielles. Et il les traitait de «sales putes», de «sacs à bites», de «trous infâmes». «Je vais te baiser, je vais te faire enfiler par l'ensemble de la planète. Je te viole, je te défonce, je pisse sur toi, écarte tes jambes et montre-moi, tu n'es rien, rien», leur criait-il. Jamais il ne s'arrêtait de parler, de promettre, de menacer, d'injurier. Et moi je pensais : «S'il pouvait m'enfoncer une belle queue il se tairait, il serait doux, il m'aimerait.»
La puissance des bites avait toujours été fondamentale pour moi. Et c'était moins la taille ou la grosseur de cet organe qui comptait que son élasticité. J'avais compris assez tôt qu'il n'y a que celles de cette race si spécifique qui peuvent réveiller la méduse qui sommeille au fond de nos abîmes et dont la fonction est de nous avaler tout entières. Non seulement la totalité de notre géographie mais aussi de notre biographie, de notre mémoire, de notre condition humaine. Nous remercions alors Dieu qui n'existe que pour être le réceptacle de la reconnaissance que nous ressentons. Tandis que les hommes qui n'ont pas le pouvoir de la réveiller ne nous procurent que des jouissances limitées, celles qui viennent du clitoris qui ne nous permettent pas d'accoucher de Dieu, mais juste d'adoucir l'aridité générale de la vie humaine. On le lèche, on le frotte et nous sommes englouties pendant quelques secondes et d'une manière très superficielle.


Belle et Bête, Marcela Iacub


Auteur: Marcela Iacub
Titre Original: Belle et Bête
Date de Parution : 27 février 2013
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 218
Prix : 13,50€ 12,83€

Quatrième de couverture : Tu étais vieux, tu étais gros, tu étais petit et tu étais moche. Tu étais machiste, tu étais vulgaire, tu étais insensible et tu étais mesquin. Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n’avais aucune culture. Et j’ai été folle de toi. Non pas qu’il y ait un rapport de cause à effet entre tes défauts et les sentiments océaniques que j’ai éprouvés. C’est une curieuse coïncidence. Même au temps où ma passion était si fastueuse que j’aurais échangé mon avenir contre une heure dans tes bras je n’ai jamais cessé de te voir tel que tu étais : un porc. C’est ma compassion pour ces animaux si dénigrés qui a éveillé mon intérêt pour toi. Tu étais le grand persécuté, le bouc émissaire. Je me suis sentie obligée de prendre ta défense pour dire : “Les porcs ont le droit d’être des porcs. Une société qui met ces créatures en prison aux seuls motifs qu’ils ont des goûts propres à leur espèce n’est pas une société libre et juste.”