Vengeance en Prada: Le Retour du Diable, Lauren Weisberger

Auteur: Lauren Weisberger
Titre Original: Vengeance en Prada : Le Retour du Diable
Date de Parution : 7 novembre 2013
Éditeur : Fleuve Noir
Nombre de pages : 454
Prix : 19,90€ 18,91€

Quatrième de couverture : Elle lui a fait faire ses quatre volontés, l’a pliée au moindre de ses caprices, l’a persécutée du matin au soir. Finalement, l’ego de Miranda Priestly, directrice du prestigieux magazine de mode new-yorkais Runway, aura eu raison de la détermination de sa jeune assistante Andrea.  Mais dans l’adversité, il faut savoir faire front et c’est ce qui s’est passé avec Emily, l’assistante qui l’a précédée auprès de Miranda, devenue depuis sa meilleure amie. Fortes de leur expérience auprès de celle qui fait la pluie et le beau temps sur le milieu de la mode, Andrea et Emily ont lancé il y a peu leur propre magazine trendy, The Plunge, spécialisé dans les mariages. D’emblée, c’est la consécration. Eh oui, la roue tourne ! Andy a tout juste 30 ans, elle a du succès et elle est sur le point de se marier. Ses années de calvaire lui paraissent loin désormais. Bien qu’elle fasse toujours attention de se tenir à distance de Miranda. Seulement, cette dernière sait reconnaître une opportunité quand elle en voit une et ce magazine lui fait envie. Autant dire qu’elle ne va pas manquer de se rappeler à leur bon souvenir… La voilà de retour, plus diabolique que jamais !

Extrait
Aussi longtemps qu'elle vivrait

La pluie, glaciale, se déversait en rideaux obliques que les rafales de vent désordonnées dispersaient dans toutes les directions, rendant parapluie, ciré et bottes en caoutchouc presque inutiles. Non qu'Andy eût quoi que ce soit de tout cela. Son parapluie Burberry à 200 dollars avait d'abord refusé de s'ouvrir pour finalement se casser avec un bruit sec lorsqu'elle avait essayé de lui faire entendre raison ; sa veste courte en lapin, avec un col oversize mais sans capuche, lui corsetait superbement la taille à défaut de lui offrir une quelconque protection contre le froid pénétrant ; et ses escarpins Prada en daim flambant neufs, rouge coquelicot, étaient un baume pour le moral qui laissait hélas la majeure partie des pieds nue. Même son legging lui donnait l'impression d'être jambes nues, sous les assauts de cette bise qui rendait le cuir aussi protecteur qu'une paire de bas de soie. Le manteau blanc d'une quarantaine de centimètres d'épaisseur qui recouvrait New York commençait déjà à fondre, laissant place à une répugnante boue grisâtre, et, pour la énième fois, Andy regretta de ne pas vivre ailleurs.
Comme pour confirmer cette pensée, un taxi grilla le feu orange en klaxonnant avec fureur après Andy qui avait commis le crime impardonnable de tenter de traverser la rue. Se retenant de lui faire un doigt d'honneur - ces temps-ci, le New-Yorkais était prompt à dégainer les armes -, elle se contenta de serrer les dents et de bombarder mentalement d'injures le malotru. Compte tenu de la hauteur de ses talons, elle effectua ensuite une honorable progression sur deux ou trois blocs. 52e Rue, 53e, 54e... Le restaurant n'était plus très loin, maintenant, et au moins pourrait-elle se réchauffer brièvement avant de regagner le bureau ventre à terre. Elle se réconfortait avec la promesse d'un café chaud et peut-être, à la rigueur, d'un cookie aux éclats de chocolat quand, soudain, retentit cette sonnerie.
D'où pouvait-elle provenir ? Andy regarda autour d'elle, mais les autres piétons ne semblaient pas la remarquer, alors qu'elle gagnait en puissance. Driiing driiing. Cette sonnerie, Andy l'aurait reconnue entre mille, elle la reconnaîtrait aussi longtemps qu'elle vivrait, mais elle s'étonnait qu'il se fabrique encore des téléphones qui l'aient en mémoire. Elle ne l'avait plus entendue depuis une éternité, et pourtant... c'était bien elle, insistante. Avant même de sortir le téléphone de son sac, Andy savait à quoi s'attendre, mais le choc qu'elle éprouva en voyant le nom affiché sur l'écran n'en fut nullement atténué : MIRANDA PRIESTLY.
Elle n'allait pas répondre. C'était impossible. Elle inspira un grand coup, refusa l'appel et glissa le téléphone dans son sac. Il recommença à sonner presque aussitôt. Andy sentit que son coeur accélérait, que ses poumons avaient de plus en plus de mal à s'emplir d'oxygène. Inspire, expire, s'ordonna-t-elle en rentrant le menton dans les épaules pour se protéger le visage de cette neige liquide qui tombait maintenant à seaux, et continue à marcher. Le restaurant n'était plus qu'à deux blocs et Andy distinguait déjà sa devanture illuminée, tel un mirage de terre promise, un havre de tiédeur, lorsqu'une bourrasque particulièrement agressive la déstabilisa. Pour recouvrer l'équilibre, elle n'eut d'autre choix que de poser un pied au beau milieu de ce que les hivers new-yorkais réservent de pire : une flaque noirâtre, un infâme brouet de neige fondue, de sel, d'ordures, et Dieu seul sait quoi d'autre encore. C'était répugnant, glacial et si profond qu'il n'y avait rien à faire sinon capituler.


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